J'ai décidé de consacrer un article à ce poète trop méconnu :
Paul Géraldy. Peut être trouverez vous sa poésie désuète, mais cet art empreint de sentimentalité lui valut un vif succès, notamment auprès du public féminin. Pour ma part, j'aime particulièrement ses écrits qui prouve une grande sensibilité et je possède d'ailleurs son livre Toi et Moi (1913 ).
Géraldy, Paul (1885-1983, (pseudonyme de Paul Lefèvre), poète et dramaturge français, auteur d'une œuvre intimiste et sentimentale. Il porta son regard essentiellement sur la vie de couple. Il a également laissé des études psychologiques dans des narrations. Pour illustrer cet article, je vous laisse découvrir des peintures de Lhote, artiste cubiste de cette période. André Lhote est un peintre cubiste, théoricien de l'art et enseignant français, né à Bordeaux le 5 juillet 1885 et mort à Paris le 25 janvier 1962.
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|  Chérie, explique-moi pourquoi tu dis : « mon piano, mes roses », et : « tes livres, ton chien » ... pourquoi je t'entends déclarer parfois: « c'est avec mon argent à moi que je veux acheter ces choses. » Ce qui m'appartient t'appartient ! Pourquoi ces mots qui nous opposent: le tien, le mien, le mien, le tien? Si tu m'aimais tout à fait bien, tu dirais : « les livres, le chien » et : « nos roses ».
Tu demandes pourquoi je reste sans rien dire ? C'est que voici le grand moment, l'heure des yeux et du sourire, le soir, et que ce soir je t'aime infiniment ! Serre-moi contre toi. J'ai besoin de caresses. Si tu savais tout ce qui monte en moi, ce soir, d'ambition, d'orgueil, de désir, de tendresse, et de bonté !... Mais non, tu ne peux pas savoir !... Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux. C'est dans l'ombre que les coeurs causent, et l'on voit beaucoup mieux les yeux quand on voit un peu moins les choses. Ce soir je t'aime trop pour te parler d'amour. Serre-moi contre ta poitrine! Je voudrais que ce soit mon tour d'être celui que l'on câline... Baisse encore un peu l'abat-jour. Là. Ne parlons plus. Soyons sages. Et ne bougeons pas. C'est si bon tes mains tièdes sur mon visage!...
Paul Géraldy 1885-1983 - Connais les femmes. Deviens un homme. Aie des maîtresses.
Ce pluriel te surprend ? Tu croyais que l'amour, c'est l'amour de quelqu'un ? Attends ! Attends ! Apprends d'abord à distinguer les voix encore mélangées de ton coeur et de ton désir. Beaucoup d'amants confondent l'amour et le plaisir et ressemblent aux voyageurs qui s'imaginent qu'ils aiment une ville parce qu'ils y ont bien déjeuné. Les sens, qui marchent les premiers, entraînent le coeur avec eux dans des contrées où le pauvret n'avait que faire et le laissent s'y débrouiller. Instruis ton coeur. (L'Amour, p.8, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) - Tu aurais voulu te garder pour la femme que tu aimeras ?
Il n'est pas de plus sûr moyen de lui déplaire. Les femmes n'aiment pas les apprentis. C'est la tristesse de chaque jeu qu'il faille commencer par l'apprendre. (L'Amour, p.9, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) - Sois heureux d'un succès, mais n'en sois pas flatté.
Ce ne sont pas de grandes victoires que l'on remporte sur les femmes. Elles ont tellement d'avance le goût d'être vaincues ! (L'Amour, p.13, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) - Ne poursuis pas par jeu, pour rien, pour le seul goût de la poursuite.
On s'attache à ce qu'on poursuit. On a des réveils désolants. (L'Amour, p.16, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) - L'homme croit qu'il choisit la femme, mais c'est presque toujours la femme qui choisit l'homme.
C'est la femme qui choisit l'homme qui la choisira. (L'Amour, p.16, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) -
On ne possède bien que ce que l'on partage. (L'Amour, p.28, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) - On aime les gens pour leurs défauts et on déteste les défauts des gens qu'on aime !
(L'Amour, p.35, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) « On n'épouse pas la femme qu'on croit » m'as-tu confié. Mais peut-être tue-t-on la femme qu'on épouse. « Yet each man kills the thing he loves. » Pense à la jeune fille qu'elle était. Rappelle-toi cette amazone ! (L'Amour, p.48, Librairie Hachette (Notes et maximes), 1929) . -
Pour conclure cette citation : "Le verbe aimer est difficile à conjuguer: son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel". (Jean COCTEAU) |